Multimédia interactif et apprentissage multimodal (Siegen 2000)
Inhaltsverzeichnis:
Le
multimédia, internet et le numérique à l'ère
de la cyberculture
L'émergence
d'internet à l'école en France
Pourquoi
utiliser internet en classe?
Pour une pédagogie
active en faveur de l'apprenant
L'impact du multimédia
sur l'apprentissage
Regards critiques
sur les inconditonnels du multimédia
Petite bibliographie
Multimédia interactif et apprentissage multimodal
Des souris et des mômes. L'ordinateur fait-il des petits génies?
Avec la ruée des familles sur les machines à 4000 francs,
avec Internet à la portée des débutants, avec l'informatisation
accélérée de l'école, voici venir la bit génération.
Révolution pédagogique ou abêtissement numérique?
(Le Nouvel Observateur, 24-30 septembre 1988, p. 42)
Le multimédia, internet et le numérique à l'ère de la cyberculture
En dix ans, les micro-ordinateurs ont vu leur puissance multipliée par 1000 et leur prix divisé par 5. Ils contiennent jusqu'à 9000 microprocesseurs Pentium Pro et peuvent effectuer 1000 milliards d'opérations par seconde. En 1946, le premier ordinateur pesait 50 tonnes et calculait 5000 additions à la seconde. Des écrans partout et le bout du monde à portée de souris. L'internet envahit l'école avec des attentes de plus en plus démesurées et les produits multimédias promettent de faciliter d'emblée l'acquisition de connaissances nouvelles. Mais quel est vraiment le potentiel éducatif de la navigation multimédia?
Comme le mot multimédia l'indique, il vient de multi et de médias, c'est-à-dire de l'association de plusieurs médias. Le clivage entre la télévision avec des images en couleur toujours plus réalistes et l'écran de l'ordinateur avec de simples chiffres et lettres s'était accru de plus en plus au cours des dernières décennies. Ce n'est qu'on 1984 que les interfaces graphiques apparurent avec l'ordinateur MacIntosh et avec le programme Windows pour PC en 1985: des menus déroulants et des icônes cliquables avec la souris rendirent alors le micro-ordinateur plus convivial. C'est à partir des années 1990 seulement que les ordinateurs personnels commencèrent à produire du son et des images de plus en plus sophistiquées.
Ainsi le multimédia a libéré l'informatique du traitement austère de textes pour faire apparaître sur un même écran des images, du son (grâce à l'ajout de cartes électroniques appropriées) et des séquences vidéo. Le multimédia est né avec les applications interactives de trois médias - texte, son et image - sur cédérom et sur internet et est avant tout un système d'aide à l'acquisition individualisée des connaissances. Aujourd'hui il désigne même la fusion technologique naissante entre l'ordinateur, la télévision et le téléphone. Le terme est à la mode depuis 1994 avec l'arrivée massive de l'internet et du cédérom (1) sur le marché qui est capable de stocker des millions de bits pour produire des sons et des images numériques.
Rappelons qu'on appelle numérique le langage informatique dont le signal est constitué d'impulsions électriques correspondant à un codage d'éléments binaires 0 ou 1. Ce sont les différentes combinaisons qui encodent des lettres, des textes, des sons, des images (qu'on appelle justement images de synthèse) ou une valse de Chopin. On appelle numérisation le fait de fabriquer un fichier informatique contenant par exemple la reproduction d'une peinture, d'une séquence vidéo ou d'une ressource sonore.
La cyberculture désigne tout le filet numérique de l'environnement culturel façonné par les techniques électroniques ainsi que la production et la consommation d'oeuvres créées spécifiquement pour le reseau internet. Des oeuvres réelles apparaissent dans des musées virtuels. Plus de 800 musées dans le monde poursuivent le travail de numérisation de leurs collections sur le Web. La numérisation ne permet pas seulement la consultation de livres électroniques ou d'encyclopédies multimédias sur cédérom, mais engendre aussi la création d'une littérature hypertextuelle (2) et la conservation du patrimoine culturel.
La nouvelle technologie sauvegarde des originaux trop fragiles, accroît fortement la diffusion des connaissances au profit de l'enseignement, de la formation ou de la recherche et contribue à la démocratisation de la culture dans le monde (Vettraino 1998). D'après Bill Gates il n'y aura bientôt plus aucun sujet qui ne sera pas accessible sous forme numérique. Le catalogue de sa société Corbis, disponible sur cédérom et sur internet (www.corbis.com), a pour objectif de numériser le plus grand nombre possible de documents informatifs et artistiques. Le cyber-visiteur pourra ainsi déambuler dans les galeries virtuelles et faire des balades culturels à la souris.
Quelques-uns des trente-trois musées nationaux sont déjà présents sur internet - les sites du Louvre, d'Orsay et de Versailles connaissent un grand succès - et la décision d'aider les autres à se doter, à leur tour, d'un site sur le web vient d'être prise (3). La réalisation de l'ensemble des sites a été planifiée sur trois ans: de 1999-2001. Ainsi, dans moins de trois ans, sera-t-il possible, partout dans le monde, de prendre connaissance, en quelques minutes, des caractéristiques de chaque musée national.
Last but not least les étonnantes possibilités offertes par le traitement numérique de l'image envahissent aussi tous les stades de la production cinématographique. Les effets spéciaux paraissent sans limites et le réel et le virtuel se confondent de plus en plus. Alors pourrons-nous encore faire confiance à nos yeux et croire ce que nous voyons?
Notre société est en pleine mutation et le développement d'un environnement multimédia d'apprentissage s'inscrit dans un projet d'une grande envergure. L´objectif du gouvernement français à atteindre d´ici l´an 2000 est que chaque élève, de la maternelle à l´université, sache utiliser un ordinateur, connaître les produits multimédia et travailler avec Internet. A terme, l´ensemble du système éducatif français devrait être connecté, les nouvelles technologies étant partie intégrante de l´action pédagogique.
Le mot réseau vous fait-il peur? Vous en utilisez un tous les jours. Sur le réseau téléphonique vous connaissez le téléphone, le fax et le Minitel. L'internet est un réseau informatique mondial d'information et de communication reliant par câbles et satellites un ensemble hétéroclite de liaisons électroniques qui permettent d'échanger des textes, des sons, des images et du courrier.
Lorsqu'on a trouvé le sésame ouvre-toi avec les moteurs de recherche, le labyrinthe présumé se transforme en trésor magique. Cependant, l'océan des informations dans la bibliothèque géante de votre bureau entraîne souvent une boulimie d'absorption, et l'utilisateur de la toile inexpérimenté, le néophyte du net, risque de s'égarer dans les méandres des milliers de sites existants et de se noyer dans l'information. C'est pour cette raison que le navigateur a tout intérêt à sauvegarder les informatons recueillies et à noter les adresses utiles dans ses favoris, appelés aussi signets ou bookmarks.
Ce qui surprend lorsque vous vous connectez sur internet, c'est sa soudaine
proximité avec le Japon et New York par exemple. Vous pouvez communiquer
avec la même facilité entre votre domicile et New York qu'
entre votre domicile et votre voisin de palier, et le prix de la communication
est le même. Cependant, l'avantage du courrier électronique
sur le téléphone ou sur le fax est considérable. En
effet, il permet de joindre instantanément un correspondant avec
des informations écrites, tout comme le fax, mais qui peuvent être
recopiées dans un document en mode texte. En outre, lors de vos
déplacements, vous pourvez recevoir et envoyer des messages indépendamment
du lieu de votre séjour.
L'émergence d'internet à l'école en France
A la rentrée 1997, le Ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, expose le 17 novembre les aspects plus particulièrement culturels consécutifs à la mise en place de la décision gouvernementale concernant l´introduction des nouvelles technologies dans l'enseignement et met en place un vaste dispositif favorisant tous les usages pédagogiques innovants, le partage des expériences et la mise en réseau des initiatives enseignantes à tous les niveaux ainsi que la production et la diffusion de multimédias éducatifs (4). - Moins d'un an après, le 8 juin 1998, il dresse un premier bilan, constatant qu'en mai environ 10.000 établissements, soit 80% des lycées, étaient connectés, et annonce de nouvelles perspectives avec seize fiches synthétiques se rapportant à l'enseignement.
Patrick Bloche, député de Paris, a remis le 7 décembre 1998 au Premier ministre Lionel Jospin un rapport intitulé Le désir de France: La présence internationale de la France et la francophonie dans la société de l´information, où il rappelle qu´une culture n'existe que si elle est partagée et où il plaide pour la mise en oeuvre, en France et dans l'espace francophone, d'un internet public gratuit et estime que les contenus d'enseignement nécessaires aux cursus scolaires jusqu'à la terminale devraient bénéficier d'une mise en ligne gratuite. Dans ce même rapport, Patrick Bloche propose de développer une politique de portails, de marques et de labels afin d'accroître la visibilité de l'internet français sur le plan international.
Parmi les propositions énumérées en annexe du rapport nous ne mentionnerons que celles qui sont rélatives au multimédia et à l´école:
1. Mettre à disposition sur l'internet, en mode texte, une base
des grands textes français et des outils performants pour les manipuler
2. Etablir un compte de soutien pour le multimédia afin d'être
en mesure d'accorder des subventions pour certains projets
3. Susciter la création de "ruches" multimédias, le rapprochement
des créateurs et des lieux de formation
4. Organiser des "Etats généraux de l'enseignement à
distance"
5. Créer une grande université française en ligne
et lui donner un nom visible: "la Sorbonne internationale"
6. Connecter les professeurs de français: proposer à
chacun une adresse électronique
7. Inciter les enseignants à développer des "jumelages
électroniques"
8. Concevoir et construire le site "portail" des professeurs de français
9. Réaliser un portail culturel public français
Dans La lettre du gouvernement intitulée La France dans la société de l´information du mois de février 1999 parue dans un Cahier spécial, Lionel Jospin annonce des mesures importantes qui viennent d'être prises par le CISI, présidé par le Premier ministre lui-même: Elles concernent des chantiers législatifs clefs, pour un usage plus sûr des technologies et de l'internet, des orientations pour favoriser l´accès de tous à la société de l´information, mais aussi l´appui à la culture francophone sur la Toile et le développement de l´administration électronique. En ce qui concerne les mesures incitatives dans le domaine de l'éducation, le Premier ministre attire notre attention, outre les décicions déjà prises en janvier 1998, sur l'enjeu des nouvelles technologies à l'école qui doivent aboutir à un décloisonnement du savoir. Il faut former les élèves à utiliser les matériels et les logiciels pour l´usage en classe et dans la perspective d'un usage futur dans le monde professionnel, car il revient à l'école de garantir l'égalité des chances qui commence par l´accès égal au savoir. D'autre part, il faut développer de nouvelles méthodes d'enseignement et d'appropriation du savoir et renforcer l'enseignement à distance.
La Lettre du Gouvernement expose aussi quelques chiffres-clefs: Les Français sont de plus en plus nombreux à voir dans le multimédia une nouvelle forme d'accès au savoir: 74% en septembre 1996 et 83% en février 1998. 91% des jeunes de 15-25 ans estiment que l'internet peut les aider dans leurs études, 73% pensent qu´avec l'internet, le monde va devenir plutôt meilleur. Il semblerait que l'ordinateur et l´informatique bénéficient d'un a priori favorable chez les jeunes. 90% des professeurs se déclarent intéressés par l'internet. 51% l´utilisent déjà pour la recherche de documents avec les élèves, 39% pour préparer leurs cours et 33% pour échanger des documents avec d'autres professeurs.
Le 17 mars 1999, à l´occasion de la Fête de l'internet, le Premier ministre dresse un bilan des vingt derniers mois où il expose les résultats encourageants du PAGSI et rappelle les grands axes prioritaires du gouvernement pour les années 1999-2000 qui répondent, en particulier, à la double préoccupation d'assurer un usage plus sûr de l'internet et de garantir un accès plus juste aux réseaux de l´information. Le 19 mars, toujours à la Fête de l'internet, la Ministre de la culture et de la communication, Catherine Trautmann, constate qu'en quelques mois, l'Internet a cessé d'être une activité réservée au monde universitaire et à celui des entreprises. L'Internet s´est ouvert au grand public. La Fête est devenue un véritable salon des services publics sur l'internet, ponctué de forums et de débats où la Ministre recense 1323 initiatives officielles, dont plus de mille dans le domaine de la culture. Tout comme le Premier ministre, elle assure que le passage à la société de l´information n'est pas une opération de modernisation abstraite, mais un moyen d'accélérer la démocratisation de l'accès à la culture.
Dans le Numéro spécial sur la Fête de l'internet, la Lettre d'information du 17 mars 1999, éditée par le Ministère de la culture et de la communication (bimensuel No. 45), Catherine Trautmann souligne combien l´utilisation du réseau mondial peut contribuer à renouveler les problématiques d'accès aux ressources culturelles et rappelle que l'internet peut concourir efficacement à lutter contre l'exclusion culturelle. Dans cette perspective, l'ensemble des ministères et des services publics se sont mobilisés pour faciliter l´accès à ce nouveau moyen d'expression, de création, d'échange et de mise à disposition des contenus culturels et éducatifs.
Pour adapter l´informatique à l'école et non l'inverse,
le ministère a prévu de proposer aux écoles des produits
multimédias et audiovisuels reconnus d'utilité pédagogique,
qui répondent aux besoins spécifiques de la classe. L'éducation
nationale a choisi d'être un moteur en mettant en place un guichet
unique pour les entreprises qui souhaitent faire reconnaître leurs
produits d'utilité pédagogique. 1500 logiciels éducatifs
et cédéroms ont été étudiés en
1998 et 300 d'entre eux ont été retenus et labellisés
Education
nationale.
Pourquoi utiliser internet en classe (5)?
1. pour se documenter soit en tant que quêteur d'information,
soit en tant que pourvoyeur
2. permet la communication authentique
3. constitue une ressource quasi inépuisable
4. permet une communication à la fois globale et immédiate
5. favorise l'interdisciplinarité
6. permet l'apprentissage individualisé en respectant le rythme
individuel de perception, de compréhension et d'assimiliation des
apprenants
7. permet une participation active et dynamique, mentale et physique
de l'apprenant en sollicitant le plus possible tous ses sens
8. privilégie l'apprentissage basé sur l'action de l'apprenant
en situation interactive selon la formule Learning by doing
9. représente une véritable motivation pour l´élève
(une nouvelle façon de travailler les compétences que les
élèves doivent développer)
10. l'élève pourra réaliser des dossiers sur un
sujet dont il aura glâné les informations sur internet
11. l´apprenant pourra communiquer par courrier électronique,
l'internet lui permettant d'organiser des dialogues entre correspondants
à de grandes distances, et cela au prix d'une communication téléphonique
locale
12. les forums de discussions (newsgroup) sont un autre moyen de débattre
de ses opinions ou d'échanger ses connaissances
13. l'élève entre en contact avec d'autres jeunes de
son âge par l'écriture épistolaire
14. projets d'écriture rattachés à quelque activité
prévue par l'enseignant (journal, jumelage...)
15. on y trouve des cours types, c´est-à-dire des fiches
représentant des scriptes de cours traitant divers documents authentiques
16. habitue les élèves à choisir, à comprendre,
à évaluer et à produire des messages par eux-mêmes
17. l'enseignement est centré sur les apprenants
18. on fait faire et laisse faire beaucoup de français aux élèves
en autonomie ou sémi-autonomie
19. les enseignants peuvent mettre à disposition des autres
écoles connectées leurs cours ou leurs travaux et entrer
en contact avec des collègues
20. le prix de l'utilisation des Nouvelles Technologies de l'Information
et de la Communication (NTIC) est très modeste
Pour une pédagogie active en faveur de l'apprenant
Le multimédia place l'apprenant au centre du processus de construction des savoirs et nous voulons engager la réflexion sur l'impact du multimédia sur l'apprentissage en considérant les effets des systèmes multimédias sur l'acquisition des connaissances chez le sujet apprenant.
Les recherches actuelles en psychologie cognitive ont mis a mal l'image traditionnelle d'un apprenant qui serait le réceptacle passif des informations délivrées par un professeur omniscient, possédé par la mission pathétique d'un instructivisme aveugle. La page s'est tournée sur un sujet actif et responsable de son propre apprentissage. C'est pourquoi ni les enseignants, ni les systèmes multimédias doivent être considérés comme de simples distributeurs d'informations, mais comme des aides à l'autonomisation de l'apprenant. C'est lui qui se trouve au centre de la construction des savoirs et le professeur est relégué au second plan. Son rôle sera d'encadrer et d'aider l'élève à gérer son propre parcours dans l'information et d'offrir une structure de soutien à l'apprentissage autodirigé. Dans la classe il sera un primus inter pares, animateur, scénariste et metteur en scène à la fois. Sa tâche ne consistera plus à nourrir les têtes bien pleines avec son arrosoir encyclopédique, mais à s'occuper des têtes bien faites.
Après avoir abandonné les modèles mécanistes sur l'acquisition des connaissances, tel le behaviorisme, les nouvelles théories sur la construction des savoirs, issues des recherches en sciences cognitives, apportent un nouvel éclairage à cet égard qui oppose instructivisme et constructivisme (Wolff 1994, Overmann 2000a/b). Selon la conception pédagogique traditionnelle, la construction des connaissances se faisait par accumulation ou addition de savoirs. C'était le professeur qui versait son encre érudite dans la tête de l'élève pour inscrire ses connaissances sur la feuille de papier vierge, sans se préoccuper des dangers ou de l'inutilité d'un tel manège. En partant de zéro ou du sol, il s'agissait de construire pièce par pièce dans une perspective téléologique un édifice figé et fixe avec un numéro qu'on lui avait attribué d'avance.
Cette perspective est totalement renversée lorsque l'apprenant devient son propre architecte. C'est lui-même qui se met à la recherche des matériaux, qui les assemble, les modifie, les façonne en fonction du terrain à bâtir et de son exposition. Comme il n'a pas encore trop d'expérience il se met en quête de renseignements auprès de personnes expérimentées, observe les autres constructeurs, leur demande conseille, intègre ou rejette telle ou telle idée et fini par réaliser sa propre maquette. Sa maison sera peut-être moins belle que celles des autres, mais ce sera la sienne. Et comme il a appris à travailler par ses propres moyens, il continuera à la modifier. Il cassera des murs, fera des ouvertures lorsqu'une pièce lui semblera trop sombre, aménagera les combles ou rehaussera le toit et sera heureux tant qu'il y aura à faire. Ça ne sera pas toujours facile et le chemin à parcourir sera sinueux, mais il sera le capitaine à bord de son propre navire.
Dans le programme Franciel de Cornelsen l'apprenant entre, par le biais d'unités ou d'un ballon à thèmes contenant plusieurs objets sur lesquels il suffit de cliquer pour accéder aux sous-dossiers spécifiques et d'activer les exercices de grammaire, de vocabulaire, d'expression et de compréhension orale et écrite. Le tuteur, Jules, une chouette sympathique, accompagne l'apprenant tout au long du programme et surgit sur l'écran lorsqu'on fait appel à ses services. L'élève peut contrôler les résultats à tout moment et même enregistrer sa voix pour la comparer avec des phrases prononcés par un locuteur français et s'auto-évaluer. Les cédéroms Tell me more/Parle-moi encore 1-3 qui viennent de paraître chez Cornelsen ainsi que des programmes multimédias récents de Klett sont encore plus performants et mieux adaptés à l'autoapprentissage des élèves (6).
En ce qui concerne les produits multimédias sur internet, nous
avons crée nous-mêmes pour les professeurs de français
langue étrangère un site portail avec les bonnes adresses
francophones sur le Net (Overmann 2000c/d/e): La première page (http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf1/)
met les cyberprofs en lien direct avec les moteurs de recherche francophones
et les initie à surfer sur la toile. Dans le deuxième site
(http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf2/)
nous avons rassemblé les serveurs culturels et les pages pratiques.
Le troisième site (http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf3/)
présente des ressources didactiques proprement dites et la réflexion
sur les passerelles méthodologiques a conduit à l'élaboration
de cours prêts à l'emploi (http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf4/):
1. Un ordinateur: introduction du vocabulaire et composition d'un petit
texte sur son utilisation. Niveau: 2 ème année de français.
- http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/
baf4/4a.htm
2. Cours de civilisation sur la géographie de la France. Voyage
virtuel à partir d'une carte géographique interactive de
la France. Niveau: 3ème année de français. - http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf4/4b.htm
3. Cours de civilisation sur le bulletin météo.
Niveau: 2ème et 4ème année de français. -http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf4/4c.htm
4. La promenade du virtuo-touriste à travers le Paris virtuel
d'Internet. Niveau: 2ème à 6ème année de français.
- http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf4/4d.htm
5. Travailler à partir d'une séquence vidéo ou
d'un film. Claude Chabrol: Au coeur du mensonge. - http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf4/4e.htm
L'impact du multimédia sur l'apprentissage
Les nouvelles technologies mêlent langages analogiques et numériques en rendant les images et les sons aussi accessibles sur l'écran que les textes classiques sur papier, et cela instantanément et de manière simultanée. Sur le plan esthétique comme sur le plan pédagogique ce nouvel outil d'accès au savoir crée de nouvelles situations de perception et de représentations qui ont un impact sur les théories de la conception de l'apprentissage et de la représentation.
La notion de multimodalité est née de l'idée que la cognition repose sur le traitement d'informations verbales et non verbales. Les deux domaines, comprenant les langages et les images, l'expression verbale et spatiale, se trouvent en constante interacton et l'apprenant utilise plus d'une modalité sensorielle dans la construction des connaissances.
Des recherches récentes ont mis en évidence le pouvoir des aides visuelles à l'apprentissage et ont prouvé que pictures help to built mental models (Glenberg 1992) et peuvent avoir la valeur de thousand words (Mayer 1994). C'est notamment le principe de contiguÎté, c'est-à-dire de la présentation simultanée de textes et d'images qui accroît l'efficacité de la construction des connaissances par le renvoi à deux modalités et codes sensoriels différents.
Dans les systèmes multimédias, le traitement de l'information
correspond à un double codage verbal et visuel. Selon Denis Legros
(1997:182) la construction de connaissances dans des situations d'apprentissage
multimédia comprend trois types de connexions et de représentations
entre les connaissances nouvelles à acquérir et les connaissances
antérieures de l'apprenant:
a) la représentation mentale, activée par l'apprenant
à partir de l'information verbale présentée par le
système multimédia
b) la représentation mentale visuelle d'une information
imagée
c) la connexion référentielle entre les représentations
verbales et visuelles
Lorsque les mots et les images sont présentés en contiguÎté, l'apprenant acquiert plus facilement la capacité à transférer sur de nouvelles situations la représentation construite à partir du matériel présenté. Ainsi, la présentation simultanée du texte et de l'image facilite la construction de la cohérence de la représentation verbale et donc sa mémorisation, mais elle favorise aussi la construction intermodale d'une représentation référentielle, c'est-à-dire à la fois verbale et imagée. C'est cette représentation qui sert de base de données pour des activités de traitement plus profond comme celles impliquées dans la résolution de problèmes. (Legros 1997:184)
La théorie cognitive de l'apprentissage multimédia qui
est une théorie du double codage basé sur le principe de
contiguÎté semblerait démontrer que la charge cognitive
de mémorisation de l'apprenant ainsi que sa capacité de résolution
de problèmes se trouve accrue par l'utilisation des produits multimédias
à condition qu'un diagnostic préalable des compétences
de l'apprenant dans ce domaine ait été établi. Les
études sur les effets des systèmes multimédias sur
la construction des savoirs sont cependant loin d'être terminées
et ne sont pas toujours concluantes. Il s'avère alors indispensable
que les recherches technologiques au plan de la production-conception soient
menées en parallèle avec l'étude des composantes cognitives
de la construction des connaissances pour valider les systèmes multimédias
utilisant à la fois les mots, les images et les sons et pour aboutir
à une synthèse fructueuse.
Regards critiques sur les inconditonnels du multimédia
Selon Geneviève Jacquinot (1997:160) il ne faut pas confondre interactivité machinique et interactivité mentale, car le développement du multimédia en tant que système d'aide à l'acquisition individualisée des connaissances ne suffit pas pour transformer les cancres en surdoués et pour en faire des petits génies. Le lecteur-spectateur-interactant d'un programme sur cédérom pourra choisir son propre parcours d'apprentissage en rétroagissant en amont et en aval sur la façon d'intégrer le dispositif du document pédagogique interactif. Cependant, pour être efficace, cette activité machinique doit être assimilée au service de l'interprétation du message par une activité sensorielle, affective et intellectuelle.
En psychologie cognitive on conçoit la compréhension de base d'un texte comme la construction, par le lecteur, d'une représentation interne de la situation évoquée par le texte à partir de l'identification des mots et des propositions sémantiques. Les recherches ont démontré que les titres, les énoncés initiaux et, plus généralement, tout ce qui fait la cohérence du texte, facilitent sa compréhension. Traditionellement, la linéarité des textes garantissait la continuité des idées exprimées et représentait une aide précieuse pour le lecteur qui construisait son image mentale du texte en complétant les données textuelles par ses prérequis sur le thème abordé. La construction des connaissances résulte alors de l'interaction entre des informations apportées par le texte, et les connaissances initiales du lecteur. Tout texte est composé de séquences informatives distinctes qui sont signalées par des marques de structure. Le lecteur régule sa propre activité de compréhension en repérant les structures connues.
Les modes d'organisation de l'information et les modes de lecture d'un hypertexte ou d'un systéme multimédia sont foncièrement différents du texte imprimé. L'utilisateur occasionnel du multimédia ne pourra pas appliquer ses stratégies habituelles et risque de se noyer dans l'incohérence de l'information et d'échouer dans la construction de ses connaissances.
Souvent les hyperstructures des cédéroms constituent de véritables casse-tête pour les utilisateurs débutants. Les difficultés rencontrées tiennent en grande partie à la perte des repères discursifs normalement présents dans un texte imprimé et entraînent la déconstruction de la cohérence dans l'information. Il faut donc familiariser l'utilisateur avec les nouveaux modes de lecture-compréhension spécifiques aux hypertextes du multimédia.
L'outil technologique à lui seul ne suffit pas pour favoriser l'apprentissage. Il est faux de croire que l'apparition du multimédia entraîne automatiquement un meilleur apprentissage. L'organisation de l'information en mode hypertexte étant différente, l'apprenant doit d'abord s'initier à la lecture non linéaire et déstructurée des systèmes multimédias. Souvent les utilisateurs débutants qui manquent de familiarité avec le format de présentation des versions hypertexte sont bouleversés dans leurs stratégies habituelles et ont tendance à feuilleter rapidement les pages, à faire des sauts d'un thème à l'autre, à tourner en rond dans le système (flipping, looping) et à perdre la cohérence de l'information et le fil de la compréhension. Ils sont désorientés ou se noyent dans la surabondance de l'information.
Il faut donc tenir compte de la psychologie individuelle de l'apprenant, de sa capacité à gérer l'agencement des informations et à intégrer le multimédia dans son processus d'apprentissage. Des données expérimentales montrent que la visualisation spatiale affecte la construction des connaissances et que la capacité à traiter l'espace peut compenser le faible niveau de connaissances des apprenants sur le domaine à acquérir lorsqu'il ne s'agit pas d'un néophite dans la manipulation des nouvelles technologies. Toutefois, les résultats des expériences réalisées avec les systèmes multimédias se sont avérés très variables en fonction des différences entre les apprenants au sujet de leurs habilités spatiales et de leurs connaissances antérieures.
Effectivement, il y a un déphasage apparent entre la qualité objective de l'innovation technologique qui ne cesse de croître et l'appropriation des nouveaux outils éducatifs en cours. Le progrès dans la qualité pédagogique des usages ne semble pas suivre le même rythme et rencontre même un certain désenchantement. Les vertus éducatives réelles du multimédia doivent être recherchées au-delà du zapping par association d'idées sur internet ou dans un cédérom.
L'école doit alors apporter un minimum d'apprentissage dans l'utilisation
des produits multimédias et notamment dans le développement
des stratégies de lecture non linéaire pour associer l'acte
pédagogique aux nouvelles technologies éducatifs. Aussi,
les cartes conceptuelles des cédéroms d'autoapprentissage
essayent de remédier à la déstructuration en proposant
des représentations graphiques qui signalent l'organisation ou la
hiérarchie des notions d'un sujet ou d'un cours pour créer
une cohérence globale. C'est le cas par exemple des nouveaux systèmes
multimédias de Cornelsen et de Klett.
Annotations
/1/ Le CD-Rom (Compact Disc-Read Only Memory) est
un dérivé du CD-Audio traditionnel inventé par Sony
et Philips en 1982 pour remplacer le disque vinyle analogique. Il peut
contenir l'équivalent de 275000 pages de texte et a connu son premier
succès commercial entre 1990 et 1995. C'est aujourd'hui le support
standard des applications multimédias pour ordinateur (jeux interactifs,
programmes éducatifs, encyclopédies, etc.).
/2/ Cf. Lettre d'information du Ministère
de la culture et de la communication, bimensuel no 50, 23 juin 1999, Le
livre numérique. Avec plus d'un millier de volumes, choisis parmi
les 86.000 ouvrages de la bibliothèque numérique de la Bibliothèque
Nationale de France, Gallica Classique offre une première esquisse
de ce que sera à terme la bibliothèque de référence
de Gallica (http://gallica.bnf.fr/classique/ouverture.htm). Les poètes
numériques contemporains exploitent déjà les ordinateurs
et l'internet pour créer une littérature hypertextuelle.
Ainsi ALAMO (Atelier de Littérature Assistée par la Mathématique
et les Ordinateurs - http://indy.culture.fr/alamo/rialt/progs.html) et
RIALT (Réseau Interactif d'Activités Littéraires Télématiques
- http://indy.culture.fr/rialt/rialt.html) éditent des littéraciels
ou logiciels de création littéraire.
/3/ Cf. Virtuel, Les musées nationaux
sur l'internet, dans: Lettre d'information du Ministère de la culture
et de la communication, bimensuel no54 du 29 Septembre 1999, p. 6.
/4/ Cf. Overmann, L'école connectée
à internet: le programme d'action gouvernemental, publication électronique,
dans: France-Mail-Forum, octobre 1999 et à l'université
de Siegen: http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf5/ - Cet article
a été rédigé à partir de documents diffusés
sur internet. Les textes de référence, le rapport Bloche
sur la francophonie, les conférences de presse et discours de Lionel
Jospin et notamment les documents et bilans sur l´état d'avancement
du CISI et du PAGSI mis à jour régulièrement
sont rendus public sur le site internet du gouvernement http://www.internet.gouv.fr
- http://www.internet.gouv.fr/français / index. html - http:www.premier-ministre-gouv.fr
/5/ Cf. Overmann 1999a:208-209, Zweiunddreißig
gute Gründe für den Interneteinsatz im Französischunterricht.
/6/ Pour de plus amples renseignements
sur les contenus des cédéroms pour l'enseignement du FLE
en Allemagne et la didactique de l'emploi des produits multimédias
en cours de langues cf. Overmann 1999b/c.
Alberganti, Michel (1996): Le multimédia - La révolution au bout des doigts. Le Monde-Marabout, coll. Poche No. 8662, Paris.
Balle, Francis (1997): Médias et sociétés: de Gutenberg à internet. 8ème édition, Montchrestien, coll. Domat, Paris.
Bellin, Olivier (1996): Le multimédia: des CD-Rom aux autoroutes de l´information. Hachette, coll. Qui? Quand? Quoi? No. 27, Paris.
Bourdon, Jérôme (1997): Introduction aux médias. Montchrestien, coll. Clefs/Politique, Paris.
Colombain, Jérôme (1999): Surfer sur Internet, Les Essentiels
Milan, Toulouse.
- (1998): Le dico du Multimédia
- (1997): La Cyberculture
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Dufour, Arnaud (1996): Internet. Que sais-je? No. 3073, PUF, Paris.
Durpraire, Jean-Louis (1998): Internet à l´école en France. CRDP de Poitou-Charentes.
Gautellier, Christian (1997): Comment fabriquer un cédérom éducatif? Dans: Crinon, Jacques 1997:85-96.
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Guédon, Jean-Claude (1996): La Planète cyber-internet et cyberespace. Gallimard, coll. Découvertes, no. 280, Paris.
Huitema, Christian (1996): Et Dieu créa l´internet. Eyrolles, Paris.
Jacquinot, Geneviève (1997): Nouveaux écrans du savoir ou nouveaux écrans aux savoirs? Dans: Crinon, Jacques 1997:157-164.
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Legros, Denis (1997): La construction des connaissances par le multimédia. ? Dans: Crinon, Jacques 1997:181-191.
Mangenot, François: Le multimédia dans l'enseignement des langues. Dans: Crinon, Jacques 1997:119-134.
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- (2000b): Der Internetfremdsprachenunterricht als Paradigma einer
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http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann /baf5/5f.htm
- (2000c) Le site portail du professeur de français (I). Navigation:
mode d'emploi - Les moteurs de recherche, in: Fremdsprachliche Mitteilungen
1:
- (2000d): Le site portail du professeur de français (II): Les
serveurs culturels et les pages pratiques, in: Fremdsprachliche Mitteilungen
2:
- (2000e): Le site portail du professeur de français (III):
Les sites didactiques de FLE exploitables en cours de multimédia,
in: Fremdsprachliche Mitteilungen 3:
- (1999a): Lost in Cyberspace oder Gelehrsamkeit per Mausklick? Plädoyer
für den Interneteinsatz in einem autonomeren Französischunterricht,
in: Fremdsprachenunterricht 3:208-210.
- (1999b): Per Tastendruck zum Lernerfolg? - Beschreibung von Lernsoftware
und methodisch-didaktische Kriterien für ihren Einsatz im Fremdsprachenunterricht,
elektoronische Veröffentlichung unter:http://www.ub.uni-siegen.de/ext/overmann/baf5/5b.htm
- (1999c) Non scholae sed vitae discimus - Lernsoftware Französisch:
Inhaltliche Darstellung und Produktliste, elektoronische Veröffentlichung
unter: http://www.ub.uni-siegen.
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Poinssac, Béatrice (1998): Internet, l´école buissonière. Magnard-Vuibert, coll. Multimédia, Paris.
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Vettraino-Soulard, Marie-Claude (1998): Les enjeux culturels d'internet. Hachette, Education, Paris.
Wolff, Dieter (1994): Der Konstruktivismus: Ein neues Paradigma in der
Fremdsprachendidaktik?" In: Die Neueren Sprachen 5, 407-429.